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Pourquoi le virus Covid-19 est destiné à s’arrêter naturellement ?

Coronavirus - Covid 19
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La troisième vague du coronavirus a atteint des pics plus bas que la vague précédente. Cela n’est toutefois pas dû à l’évolution naturelle du virus mais à l’intervention humaine qui, par des actions ciblées, a empêché une propagation plus importante de l’infection. Mais ce ne sera pas toujours le cas : même le Sars-CoV-2 est destiné à s’arrêter naturellement.

Les indicateurs de la course du virus

Même s’il est encore difficile de connaître tous les mouvements du coronavirus, il est vrai qu’après plus d’un an nous avons appris un peu à interpréter certains indicateurs qui expliquent la vitesse de sa propagation parmi les populations. Parmi ceux-ci figurent les graphiques qui rapportent toutes les données de la contagion et à partir desquels il est possible d’analyser les périodes de la nouvelle vague et les phases de pic. Ces derniers montrent comment le coronavirus a perdu de sa force dans la troisième vague par rapport à la précédente. Si en effet, lors de la deuxième phase, le moment de diffusion maximale des infections a été atteint le 13 novembre avec 86 852 cas le 7 novembre,  alors que lors de la phase aiguë de la troisième vague, 59 038 infections ont été signalées au maximum si on élimine les rattrapages. La différence entre ces chiffres est emblématique pour identifier le comportement actuel différent du Sars-CoV-2 par rapport aux mois précédents.

Évolution des contaminations à la Covid-19 en France
Évolution des contaminations à la Covid-19 en France (Source : Santé Publique France)

Bien que la circulation du virus soit une source importante de danger, elle a légèrement ralenti. Cependant, entre la deuxième et la troisième vague, sa contagiosité a été renforcée par sa capacité à muter par le biais de variants. Un parcours tout à fait naturel pour un virus qui, toutefois, comme le déclarent la plupart des virologues, a rendu le virus potentiellement encore plus contagieux. Et il y a eu plusieurs variants, en commençant par l’anglais, puis le sud-africain, le brésilien, le nigérian et le japonais, pour ne citer que les plus séquentielles.

Le virus ne se répliquera pas indéfiniment

Le virus actuel s’est avéré très contagieux et a également trouvé un terrain fertile pour toucher davantage de personnes que le Sars-CoV-1 et le Mers-CoV. Cela lui a permis de se propager et de muter plus rapidement dans le monde. Cependant, selon les spécialistes, le virus ne pourra pas se répliquer indéfiniment. En d’autres termes, il arrivera un moment où le coronavirus se retrouvera tout seul dans une impasse. Les mutations du virus, comme l’ont souligné plusieurs experts, sont un symptôme du fait que la maladie tente de se propager à nouveau dans une population qui la connaît déjà ou qui, après l’avoir contractée, a développé une immunité naturelle ou qui, ayant été vaccinée, a déjà pu développer des anticorps.

De cette façon, le virus se retrouvera à “lutter” entre deux fronts. D’une part, il doit se lier au récepteur Ace2, qui est la porte d’entrée dans les cellules humaines. Les variants, dans ce sens, représentent un moyen de mieux atteindre cet accès. D’autre part, le virus veut échapper aux anticorps qui se sont développés naturellement ou grâce au vaccin. Face à la croisée des chemins, le coronavirus ne pourra pas évoluer éternellement. Le temps viendra où ce “jeu” prendra fin.

La main de l’homme est nécessaire

Tôt ou tard, la nature s’en mêlera. Le virus n’est pas un ennemi invincible et, au contraire, toutes les conditions sont réunies pour voir son siège réduit dans l’avenir. Cela ne signifie pas pour autant que l’humanité doive attendre. La course aux vaccins n’a pas seulement été mise en œuvre pour permettre un retour à la normale le plus rapidement possible. Le fait est que plus vite une immunisation optimale de la population sera atteinte, plus vite le Sars-Cov-2 trouvera des barrières dans sa course contagieuse. Une immunité de masse “déléguée” exclusivement à la nature, au vu de la capacité du coronavirus apparu à Wuhan en 2019 à muter et à donner naissance à de nouveaux variants, pourrait prendre très longtemps.

Avec une immunisation induite par le vaccin, bien sûr, le processus sélectif du virus trouverait immédiatement de nombreux obstacles. L’évidence et que plus on vaccine de gens, moins il y a de chances que le virus évolue vers d’autres variants. Chaque dose injectée dans ce contexte représenterait un bâton supplémentaire dans la course de l’agent pathogène, un frein qui peut donner du temps à l’homme pour organiser la lutte contre les contagions et, dans le même temps, une pression accrue sur la nature pour qu’elle soit elle-même amenée à réduire l’ampleur de l’épidémie.

Cela peut être comparé à un vaste incendie. En effet, il arrive toujours un moment où les flammes ne trouvent plus le terrain propice à leur propagation, mais une intervention humaine extérieure est indispensable pour éviter le plus de dégâts possible.

Rassurer sur les vaccins

Mais que faire si les extincteurs ne fonctionnent plus ? C’est-à-dire si les moyens déployés par l’homme, en l’occurrence le vaccin, n’avaient plus à un moment donné le pouvoir d’endiguer le feu de l’épidémie ? C’est la question qui inquiète le plus les citoyens face à la propagation des variants. A ce jour, il n’existe aucune preuve concluante de mutations virales capables de résister complètement aux vaccins. Sur ce front, vous ne naviguez que dans le domaine des hypothèses. Cependant, il existe une possibilité de mettre à jour les vaccins. Les fabricants vont déjà dans cette direction : si un variant plus insidieux devait apparaître, il existe aujourd’hui une technologie permettant de disposer d’un nouveau vaccin en quelques semaines.

Un résultat qui n’allait pas de soi il y a encore quelques mois. C’est aussi pour cela que nous devons être fiers de la science. En un an, de grands pas ont été faits et d’autres peuvent encore être faits. Il est cependant évident qu’à ce stade, d’autres problèmes ont pu être évités, toujours grâce à l’action combinée de l’homme et de la nature. Plus les vaccins sont administrés et moins le virus aura d’espace pour se répliquer et muter à nouveau. Aussi parce que, comme dit, le Sars-Cov-2 ne peut pas muter à l’infini.

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